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Les obus du canon de campagne de 75 mm

2024

Première Guerre mondiale

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  • Marmoset

Le canon de 75 : "le canon roi"


Mis au point à la fin du XIXème siècle, le canon de campagne de 75 mm modèle 1897, plus connu sous le nom de « canon de 75 », est l’une des armes les plus emblématiques de l’histoire militaire française. Véritable prouesse technologique pour son époque, il a profondément transformé l’artillerie moderne et marqué la Première Guerre mondiale par son efficacité et sa cadence de tir exceptionnelle.

Conçu par les ingénieurs de la firme Atelier de Puteaux et du Service de l’artillerie française, le canon de 75 mm introduit une innovation décisive : le système de recul hydro-pneumatique.
Ce mécanisme absorbait le recul du tir sans déplacer l’affût, permettant aux servants de recharger et de tirer à une cadence jamais vue auparavant, jusqu’à 15 coups par minute.
Grâce à cette stabilité, le canon de 75 pouvait maintenir un feu rapide et précis, là où les canons plus anciens nécessitaient un repositionnement après chaque tir.

Conçu pour accompagner l’infanterie, le 75 mm est léger, maniable et rapide à mettre en batterie. Tirant des obus explosifs, à shrapnel ou à gaz, il se révèle redoutable sur le champ de bataille.
Au début du conflit de 1914, il incarne l’esprit offensif de l’armée française : un instrument de précision destiné à soutenir l’avance rapide des troupes.

Les obus de 75


Véritables bijoux d’ingénierie, les obus du canon de 75 mm modèle 1897 incarnent les progrès techniques de l’artillerie française à la veille de la Première Guerre mondiale. Conçus pour s’adapter à de nombreuses situations de combat, ils reflètent l’évolution rapide des besoins tactiques entre 1914 et 1918.

Chaque obus de 75 mm se compose de plusieurs éléments essentiels :

  • L’ogive, partie avant du projectile, qui détermine son effet (explosif, à shrapnel, éclairant, etc.).
  • Le corps, contenant la charge principale.
  • La fusée, mécanisme de mise à feu, souvent réglable pour déterminer le moment de la détonation (à l’impact ou en vol).
  • La ceinture de forcement, un anneau en cuivre assurant l’étanchéité et la prise des rayures du canon pour stabiliser le tir.

Cette conception permettait un tir d’une grande précision, même à plus de 8 km de portée, et une compatibilité avec différents types de munitions selon les besoins du champ de bataille, dont voici 4 grands types principaux :

L’obus à shrapnel (à balles)

C’est l’un des plus emblématiques du début de la guerre. Rempli de centaines de billes d’acier et d’une petite charge explosive, il éclatait en vol grâce à une fusée à temps, projetant un nuage mortel de projectiles sur les troupes ennemies à découvert.
Ce type d’obus visait à neutraliser l’infanterie avant l’assaut.

L’obus explosif (obus ordinaire)

Contenant une charge d’explosif puissant comme la mélinite, il servait à détruire les abris, fortifications légères et réseaux de tranchées. Son emploi devint dominant à mesure que la guerre s’enlisait et que les positions ennemies se fortifiaient.

L’obus à gaz

Introduit à partir de 1916, il contenait des agents chimiques irritants ou mortels, comme le phosgène.
Utilisé dans le cadre de tirs de saturation, il visait à désorganiser les lignes adverses avant une offensive.

Les obus spéciaux

Moins courants, ils comprenaient des modèles éclairants, fumigènes ou d’exercice, adaptés à des missions de signalisation ou d’entraînement.

Les fusées (détonateurs)


Les fusées (ou organes de mise à feu) des munitions de 75 mm jouent un rôle déterminant : elles commandent le moment et la manière dont le projectile éclate (en vol, à l’impact, ou après un court délai). Durant la période 1897–1918, plusieurs séries standardisées furent utilisées sur les obus du canon de 75 : la fusée fusante à double effet DE 22/31 (emblématique pour les obus à balles/shrapnel), la fusée-détonateur à double effet 24/31 et les fusées-détonateurs percutantes de la série 24/31 (employées surtout sur les obus explosifs). Ces dispositifs existent chacun en plusieurs variantes : instantanée (sans retard), court retard et retard réglable, selon l’emploi tactique recherché.

En voici quelques exemples détaillés :

Fusée à double effet DE 22/31

La DE 22/31 est la fusée typique des obus à balles (shrapnel) du 75 mm. Son principe : double effet = mode « fusante » en vol (mise à feu par minuterie pour éclater au-dessus des troupes) ou explosion au contact si l’impact survient avant la temporisation.

  • Minutage réglable : mécanisme de mèche ou de train de combustion permettant d’ajuster la durée avant éclatement (réglage réalisé à l’aide d’un appareillage sur le caisson).
  • Double sécurité : si la temporisation n’a pas eu lieu, l’impact déclenche l’explosion (évite l’échec d’emploi en tir direct).
  • Usage principal : éjection des balles (shrapnel) en vol pour neutraliser l’infanterie ennemie.

Fusée-détonateur à double effet 24/31

La 24/31 (double effet) est une évolution adaptée aux obus explosifs : elle combine la possibilité d’explosion à l’impact (percutante) et d’explosion avec un retard (pour détruire abris/fausses voûtes).

  • Double effet : instantané/percutant si l’impact survient (action mécanique sur le percuteur), ou effet retard si la fusée est réglée pour temporiser (par exemple pour produire un éclatement après pénétration ou pour maximiser l’effet sur structures).
  • Compatibilité : cette série a été largement utilisée et adaptée à différents modèles (versions 1899, 1914, 1916, etc.), parfois avec des bagues d’adaptation de filetage pour d’autres calibres.
  • Usage tactique : frappes contre abris, ouvrages légers et pour obtenir fragmentation interne optimisée.

Fusées-détonateurs percutantes de 24/31

Ces fusées représentent la famille « percutante » conçue pour assurer la mise à feu par percussion au contact (détonateur intégré). La 24/31 Mle 1899 est une des versions les plus documentées (système Robin-Lejay) et équipa de nombreux calibres dont le 75.

  • Détonateur intégré : pas besoin d’un détonateur relais ; fusée et détonateur forment un ensemble compact.
  • Variantes : modèles « instantanés » (S.R. = sans retard), « court retard » et « retard » — chaque variante possède une mécanique interne différente (percuteurs, masselottes, système d’arrêt de sécurité, etc.).
  • Diffusion : utilisée massivement sur les obus explosifs à partir de 1899 puis améliorée pendant la guerre.

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